Voilà une question difficile. Ne vous êtes vous jamais demandé, cher Papa, ce que vous aviez bien pu faire au monde entier pour que chaque coup de marteau se transforme en pilage de phalanges alors que certains Bruce Willis ou autre Stallone sont capables de chuter de 12 étages en se faisant mitrailler par 19 mercenaires sans la moindre égratignure ? 

Outre les moqueries et divers quolibets de votre entourage provoqués par un malencontreux lâcher de clé de 12 dans l'oeil gauche ou une légère déviation dans l'annulaire d'un cutter fort agressif*, les blessures de Papa-Bricole sont également un sérieux frein au désir de manipuler des outils** et peuvent vous pousser à remettre en question le moindre clou à planter pour accrocher la photo du cadet ou le montage du dernier KLÜGG d'Ikea. Mais qu'est ce qui pousse Papa à se blesser à chaque fois qu'il pose une étagère, et à sortir sa boite à pharmacie en même temps que sa caisse à outils dès qu'il veut dénuder le moindre câble ? Tentons d'y répondre ensemble :

 

- Parce ça lui donne le droit de dire des gros mots :

Comme vous le savez, depuis l'arrivée de Bébé, il est fortement déconseillé à Papa de prononcer la moindre grossièreté sous peine de voir Maman lui fondre violemment dessus accompagnée de ses reproches habituels. Pour relâcher la pression et déverser le surplus d'insanités qu'il retient bien trop souvent, Papa sort donc son marteau et son tournevis une ou deux fois par mois et "fait semblant" d'être maladroit afin de pouvoir lâcher son fameux "p!*$@# de b%#&$! de tournevis de m%ù$#@ de s&#@=$£% d'étagère à la c%& !!!". Bien que toute cette mise en scène lui coûte bien souvent l'usage d'un membre, il s'agit ici d'une soupape de sécurité indispensable au bien-être de Papa.

Note : Si la voiture tombe parfois en panne ou si Papa oublie ses papiers et ne s'en rend compte qu'en arrivant sur le lieu de vacances, c'est exactement pour les mêmes raisons.

 

- Parce que quand Papa bricole, il ne compte pas en minutes, mais en bières :

Chaque Papa bricoleur du dimanche qui se respecte, avant d'attaquer quoi que ce soit doit se munir des objets suivants : Une caisse a outil qui ne ferme pas, pour pouvoir éventuellement se blesser avant de commencer (cette caisse à outil doit être comme la plupart des caisses à outil remplie d'outils quasi-inutilisables et d'un bon cutter***). Une trousse à pharmacie ne contenant que de vieux pansements et une bonne bouteille d'alcool à 90° (parce que Papa est un Homme !), et un pack de bière, dont la quantité doit être définie selon la difficulté du travail à accomplir. Si vous n'avez qu'une simplee étagère à poser, partez sur un pack de six. Si vous avez un meuble suédois de plus de 20 kilos, prenez plutot un pack de 12, voire 24 s'il a des tiroirs. 

Note : Préférez l'utilisation d'outils éléctriques sur la première demie heure. Un simple conseil, qui a été donné à l'auteur par un ex-bucheron manchot et alcoolique.

 

- Pour ne pas payer de mutuelle pour rien :

Papa n'est jamais malade. Ou quand il l'est, plutôt mourir que d'aller chez le médecin. Alors quand Papa daigne trier ses papiers**** et  tombe sur le montant de ses cotisations de santé, il voit rouge sang. Alors il sort sa perceuse, entreprend de percer un quelconque trou et trébuche malencontreusement sur une canette de bière, se perçant alors gentiment l'avant-bras de part en part, obtenant ainsi une blessure à faire palir Leatherface, obligeant Maman à lutter pour ne pas s'évanouir et à appeler les pompiers. Papa, qui outre sa blessure au bras ce sera cassé la cheville en tombant sur sa canette de Kronenbourg (qui à la réflexion n'est pas innocente dans cet accident), dira fièrement à qui voudra l'entendre "que c'est pas une chochotte, que quand il rentabilise sa mutuelle, c'est pas pour une goutte au nez ou un pet d'travers".

Note : Cette explication prouve ni plus ni moins que c'est en perçant un trou que l'on peut participer à celui de la sécu. Et ne demandez pas à l'auteur quel jeu de mot il aurait pu trouver avec la sécu si Papa s'était blessé avec une scie. Il déteste qu'on lui coupe la parole.

 

 

* N'y aurait-il pas comme une once de vécu ?

** Sans aucune arrière pensée, l'auteur vous voit venir, vous et votre esprit mal placé...

*** Le cutter, c'est l'avenir. Les doigts de l'auteur en témoignent.

**** Ici une traduction s'impose. Il faut lire "quand Papa fait un tas de papiers et le fourre dans un tiroir". Et oui, Papa croit toujours que les papiers se rangent tout seuls et que les toilettes ne se salissent jamais...